Lorsque la végétation redémarre
Un jardinier pointe le bout de son nez.
Cet automne passé, je me suis écroulé en suivant la chute des feuilles;
Frêle trajectoire
Gracieuse
Chaotique
Et tout un hiver enroulé au chaud auprès des loirs;
A recoller l’histoire morcellée,
celle par laquelle je me sentais traversé.
Puis, sans trop y penser, j’ai réappris à me mouvoir;
A retrouver les gestes que j’avais enterré
Non loin
Ultimes semis potagers;
Le deuil avait-il besoin durer si longtemps?
De quelle taille est cette graine qui exigeait une dormance de six ans?
Un début de réponse pour cette année peut-être;
Stade cotyledon.
Ainulindalë
Derrière chaque action, décision, projet de vie, un imaginaire fort est à l’oeuvre. Il peut être archaïque, archétypal, abstrait; sa présence n’en est pas moins réelle. A présent, l’oeuvre de Tolkien, page après page, s’entremêle avec le murmure des feuilles d’arbre, la langue des elfes résonne avec le chant de l’humus.
« […]Face à la crise écologique systémique, le naturalisme doit se laisser affecter par l’animisme et se transformer en conséquence. »
Morizot et Martin, « Retour du temps du Mythe »
Le temps est venu des nouveaux défis, des nouveaux récits. Les bulles s’entrechoquent, s’effondrent. De l’hyper-spécialisation capitaliste, bienvenue à la pluralité, à la fluidité… Bienvenue à la poésie hybride.
